Partager l'article ! Performance aux 24 h de l'art contemporain, Courdimanche (95): Françoise Véron Goldstein et Audrey ...

Association loi 1901 pour la promotion, la diffusion et la rencontre autour de l'art
contemporain
Françoise Véron Goldstein et Audrey Bastard,
seront présentes aux 24h de l'art contemporain à Courdimanche (95)
du samedi 19 novembre 16h au dimanche 20 novembre 16h.
Le vernissage aura lieu le 19 novembre à 15h.
"Dans un contexte marqué par le stress, ma rentabilité, la nécessité de travailler plus et plus longtemps, l'omniprésence de l'argent, il nous a semblé, à l'occasion de ces 24 heures de l'art contemporain, que nous pouvions dire stop, nous coucher et dormir.
Mettre en scène notre sommeil, pendant toute la durée de la manifestation, comme un acte de résistance au monde et à sa course folle, dans un espace-temps de réflexion, de rêves, de lenteur...
Les visiteurs, les organisateurs et les autres artistes, s'ils le souhaitent, peuvent se joindre à nous pour dormir, pendant quelques minutes ou quelques heures.
Le sommeil, moment intime de fragilité et de vulnérabilité, sera ainsi partagé avec respect, abandon de toute méfiance envers l'autre, confiance.
Nous avons juste envie de dormir pendant ces 24 heures, faire ce geste artistique, parce que si nous désespérons du monde, nous avons encore confiance en chaque individu."
Audrey Bastard
Nous sommes le lendemain ou le surlendemain… comment dire ? Difficile de me réapproprier le temps de la vie, celui qui est rythmé par la société en marche, celui auquel je ne faisais pas attention avant cette expérience si simple et à la fois si déstabilisante, ce temps que j’ai refusé de vivre 24 heures durant.
24 heures pendant lesquelles Françoise et moi, nous nous sommes efforcées de dormir. Bouger le moins possible, parler le moins possible, rester le plus inactive possible alors que passer la parois en tissus de notre tente de fortune, un « non-stop » était en marche.
J’ai eu la sensation de bâtir un ralentissement entre lui et moi; oui, entre ce « non-stop » et moi. Comme si mon inactivité pouvait par opposition de l’activité incessante, contrebalancer et caler un temps indéfinissable, juste au milieu, entre deux, un juste temps.
J’ai eu la sensation de devoir coûte que coûte tenir un siège.
J’ai parfois, dans ma torpeur, cru que j’étais investi de la grande mission d’encadrer le sommeil des dormeurs qui s’étaient glissés sans que je m’en aperçoive sur les matelas à côté de moi. Alors passée la surprise, je refermais les yeux et me replongeais dans l’univers coloré du sommeil pour les accompagner de plus belle.
Les 24 heures les plus longues de ma vie. Oui indéniablement. Notre tente de 9 m2 créée pour l’occasion, était située dans un lieu de passage entre une scène, un escalier menant à une salle de mix et un atelier pour enfant. On peut imaginer que l’emplacement ne pouvait pas mieux être choisi pour siéger notre sommeil et le donner à voir comme un espace-temps de résistance précaire.
À vivre, ce fut dormir par intermittence, réveillée sans cesse par les bruits, les voix, les cris, la musique, autour… « Juste envie de dormir » (pendant 24 heures) était une utopie. Le sommeil, l'absence au monde, le repos, l'arrêt, le silence, sont des choses bannies de notre monde industrialisé. Peut-être plus que la mort encore...
Une performance est toujours pour l’artiste qui la produit, une découverte inattendue. Au début il y a l’idée, le sens, le « vouloir dire » en faisant une action. Elle se tient parce qu’elle questionne le monde contemporain dans lequel l’artiste agit, puis il se produit l’impensable, tout ce dont on ignorait avant d’être dedans : Une expérience en soit.