Handska plasticienne.

 


           


Un univers de l’intime , de l’extrêmement intime, des choses qui viennent de loin, du profond de l’inconscient, surgi du cerveau de l’enfance, du cerveau du reptile. Cette matière brute, organique, infantile, est simultanément, délicatement, et virtuosement poétisée.
Le monde intérieur est perçu, exploré, avec les yeux de l’enfance, sans jugement, sans désir de le maîtriser, avant tout l’objet d’une curiosité, d’un émerveillement, et d’une attention à la fois irrésistible et méticuleuse.
Le monde intérieur fait l’objet d’une enquête, comme l’enfant observe et interroge chaque morceau du monde, l’enfant accroupi un temps infini, qui ne se mesure pas, un temps suspendu, une éternité, devant un petit monceau de terre, devant la drôle de vie qui grouille peut-être dedans…
L’intérêt de l’enfant pour le monde, rend le monde vivant, ce que l’adulte perçoit de plus vide, de plus mort, de plus désenchanté, l’enfant l’anime par ce regard, le rend insolite, organique, et potentiellement, comme tout ce qu’on interroge, producteur de merveille ou de menace.
Handska a ce regard là, intact, qui se prolonge en un univers innocent et bizarre, frais, primal, en même temps qu’intemporel.
Vision d’un chemin intérieur, empirique, du flux, du va et vient d’une conversation entre l’enfance et le soi présent qui la cherche, la sollicite, l’apprivoise, l’interroge. Cette conversation avec l’enfance suppose beaucoup de discrétion, d’abnégation, de délicatesse : ne pas la traquer, la dénaturer, doucement l’accueillir…
Aussi l’univers d’Handska adopte la frontière, la limite, cette ligne fragile au bord de ce qu’il y a en soi d’inconnu à découvrir. Et se situe dangereusement sur ce fil de la transgression du silence, du caché, de leur dévoilement.

Un rituel tout à la fois laborieux et cérémonieux, à créer du lien entre nous et nos parts d’ombre, à recomposer le puzzle de notre être lacunaire et disloqué, à nous réparer.
Nous réparer en nous offrant un autre regard, un autre miroir de nos contradictions, de nos limites, de nos fragilités et de nos faiblesses, un miroir les réfléchissant attendrissantes, au pied de la lettre.

Amoureuse de comment ça marche au-dedans, de nos peurs, de nos blessures, elle a un regard tendre sur nos ombres, nos douleurs et notre dérisoire, elle les réhabilite, les fête même…
Et dans ce monde d’aujourd’hui si virtualisé, l’univers sensible et puissamment onirique d’Handska est une méditation sur le fait d’être là, et de s’aimer être là. On en sort en trouvant le monde poétique, en nous trouvant nous-même matière à rêve et à aimer.


Texte de Sandrine Lardreau 2008





Les vêtements d’Handska

A travers ces parures de chiffons, se dévoilent un univers de l’extrêmement  intime

 

L’habit comme une seconde peau. Non pas une peau dessus, mais une peau dedans. L’habit comme un révélateur de ce qui est à l’intérieur, caché du dehors. Un habit qui raconte des histoires de l’intime. 

Les vêtements d’Handska sont presque nus ou à nu.   Peaux douces ou revêches, ils punissent ou consolent tour à tour. Ils inquiètent, rassurent, attirent ou déconcertent. Elle les a choisi blancs, couleur de la fragilité et du péril, couleur de l'espace, libre, dans lequel nous pouvons tous nous projeter, mais aussi couleur du soin. 

En effet, les vêtements d’Handska sont également pansements, bons ou mauvais.

Sa série de  couvres-plaies, est autant d’images et de textes que de soins individualisés, produits à partir  d’une forme en tissu répétée et envoyée à  ceux qui souhaitaient faire l’expérience de panser une blessure de leur histoire, physique ou symbolique.

Le travail  d’Handska  est en effet souvent  lié à l’expérience, il est aussi prétexte à la rencontre. Handska nous propose ici d’éprouver et d’essayer certains vêtements.

De revêtir un ventre de femme enceinte, de se recroqueviller dans un manteau fœtal, d’enfiler une robe en cul de sac, un cache-cœur ou un corset….De glisser sa main dans une poche inhabituelle, de donner le souffle à une robe…autant d’expériences absurdes et poétiques que  de souvenirs, d’émotions, de traces, que nous connaissons tous, à travers l’extraordinaire réalité qu’est notre incarnation.

Ce corps, que nous  habitons tous, avec notre vécu, nos peurs, nos blessures, mais aussi nos rêveries, ce corps, nous l’habillons de souvent peu de sens, nous le faisons disparaître sous l’uniformité, gommant, annulant ainsi toute sa charge d’histoire et d’émotions.

C’est donc cela qu’Handska cherche à rendre à l’habit, son corps unique, ou peut être l’inverse d’ailleurs, offrir au corps, un habit qui lui ressemble.

Pierrette Ginane  Janvier 2008




                     



Voir le travail d'Handska    http://handska.plasticienne.over-blog.com/
Dernière expostion:   http://handska-expo.blog.com/

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